Volontariat et échange culturel libano-brésilien à Feytroun

Publié le par Jean-Philippe Chognot

664983_90958572929.jpegUn groupe de trente et un volontaires, dont vingt-trois Brésiliens, est installé à Feytroun, dans le Kesrouan, jusqu'au 24 juillet. Son objectif principal est de faciliter la vie des personnes handicapées.
Feytroun, capitale de la philanthropie. Le 14 juillet, trente et un volontaires ont posé leurs valises sur les hauteurs du Mont-Liban. Âgés de seize à vingt-cinq ans, ils ont été envoyés par le ministère des Affaires sociales et sont financés en partenariat avec l'ambassade d'Italie. Avant de s'installer à Feytroun, les jeunes bénévoles avaient déjà passé dix jours à Arbet Kozhaya, près de Ehden. Le camp revêt un double objectif altruiste et culturel, puisque le groupe se compose de huit Libanais et de vingt-trois Brésiliens d'ascendance libanaise.
« Le projet a été initié par Mgr Edgar Madi, évêque de la communauté libanaise du Brésil, indique Émilie Kassis, la directrice du camp. Cela s'est finalisé lorsqu'une délégation du ministère des Affaires sociales s'est rendue sur place, il y a quelques mois. » Les vingt-trois volontaires sud-américains découvrent la terre de leurs ancêtres pour la première fois. « Je rêvais de respirer l'air du Liban depuis l'enfance », confie Charles Samaha, 24 ans.
Ce retour aux sources ne doit pas faire oublier le mot d'ordre du camp : « créer un environnement sain et amical pour les personnes handicapées ». Dans ce cadre, les volontaires ont construit quatre rampes pour rendre accessibles aux chaises roulantes deux trottoirs de Feytroun. « Cela peut aussi rendre service aux personnes âgées et aux mères avec des poussettes », souligne Émilie Kassis.
Dans la même optique, les volontaires côtoient au quotidien huit handicapés - moteurs et mentaux - et quatre aveugles, à Kfardebian, leur lieu de résidence. « Tous les matins, nous organisons des activités communes avec eux, explique Michel Zakhia, 17 ans, un des volontaires libanais. Par exemple, nous faisons des jeux, des dessins, des sculptures ou encore des photos. »

Renouveler l'expérience
En marge du thème principal, les bénévoles travaillent aussi sur d'autres projets depuis début juillet. Ils ont notamment ramassé des ordures dans un champ, repeint la grille d'une église et restauré un mur à Arbet Kozhaya, fleuri un jardin public à l'entrée de Feytroun. Après l'effort, le réconfort : le groupe assiste également à des soirées folkloriques et visite des lieux touristiques. Jeudi, les jeunes seront reçus à Baabda par le président Michel Sleiman.
Les nouveaux venus sont accueillis chaleureusement par les villageois. « Je suis très admiratif de ce qu'ils font, surtout pour les handicapés, s'enthousiasme Chadi Yammine, qui tient le salon de coiffure de Feytroun. De telles initiatives devraient être prises partout au Liban. » Le contact avec les Brésiliens lui a aussi donné des envies de voyage : « Maintenant que je les connais, j'aimerais beaucoup découvrir leur pays. Je suis sûr qu'ils m'accueilleraient comme si j'étais un membre de leur famille. »
Alors que ce tout premier camp multiculturel n'est pas encore terminé, son succès conforte déjà les organisateurs, qui comptent renouveler l'expérience dans les années à venir. « Nous aimerions étendre ce projet pilote aux expatriés libanais des autres continents comme l'Europe ou l'Amérique du Nord, confie la directrice. Nous voulons inciter les millions d'expatriés libanais à découvrir et à aimer leur terre d'origine. » Le prochain pays concerné n'est toutefois pas encore déterminé.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le quotidien libanais L'Orient-Le Jour, du 20/07/2010.

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