SLUC Nancy : Pas de bouleversement

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Il n’y aura pas eu de révolution cet été à Nancy. Avec seulement trois recrues – Lesly Bengaber, Marcus Slaughter et Kaniel Dickens – et deux ajustements – Njoya intégré à la mène et Cox repositionné à l’arrière –, l’équipe lorraine mise sur la stabilité. Voici les clefs du SLUC version 2009-10.

« Pour vivre heureux, vivons caché. » Cette maxime sied comme un gant au recrutement du SLUC. Année après année, le modus operandi du duo Christian Fra/Jean-Luc Monschau reste le même. Silence radio pendant quelques semaines… Puis annonce quasi-officielle dans L’Est Républicain une fois que l’affaire est dans le sac. L’intersaison 2009 n’échappe pas à la règle. Aucune fuite avant officialisation. La plus récente illustration est la signature de l’ultime recrue nancéienne, Kaniel Dickens (2,03 m, 31 ans).
Cette dernière trouvaille nécessite une petite présentation. L’ailier-fort débarque de Lega Due, la deuxième division italienne, dont il a décroché le titre la saison passée avec Varèse. « Il a fait une saison vraiment consistante », note l’aîné des Monschau. Auparavant, l’Américain avait sillonné la D-League avec la NBA en tête. Une quête peu fructueuse même s’il a pu goûter brièvement (19 matches) à la Grande Ligue avec Portland, New Jersey et Cleveland.
« Ce qui nous a attirés chez lui, c’est sa capacité à jouer près du panier, ce qu’on lui demandait plus en Italie, et à s’écarter, ce qu’il a montré un peu partout où il est passé », indique son nouveau coach. « Il peut même jouer au poste 3 comme il le faisait en ligue de développement. » Il a en somme un profil assez similaire à celui de son prédécesseur. « Il est intéressant pour remplacer Lamayn Wilson dans la mesure où il est très athlétique, sans doute plus que Wilson, et dans la mesure où il est également une grande menace à trois-points. »
Ainsi, les supporters nancéiens ne seront pas dépaysés par le départ surprise de leur intérieur (très) fuyant. Celui-ci a activé sa clause libératoire pour déménager en Turquie, au TT Ankara. « Il y a trouvé des conditions plus avantageuses donc on a trouvé les arrangements qu’il fallait et on s’est quitté en bons termes », assure Jean-Luc Monschau. « C’est une situation qu’on a déjà connue avant : les joueurs se font connaître chez nous puis ils trouvent des acquéreurs qui leur offrent plus ailleurs. »
Ce départ, combiné à l’arrivée d’un Dickens moins coûteux, serait également salutaire pour le club lorrain. Selon L’Est Républicain, il lui permettrait de « mettre sa masse salariale en adéquation avec celle qui a été budgétisée », après la signature sans doute onéreuse de Marcus Slaughter (2,03 m, 24 ans). Ce dernier est le clou du recrutement nancéien. La saison passée, il dominait la Pro A de la tête et des épaules à l’évaluation (21,5) sous le maillot du Havre. « Il va essentiellement occuper la position 5 avec Akingbala, mais il pourra aussi évoluer en 4 et demi à côté de lui », révèle le technicien.

« De la place pour Njoya »
La dernière recrue du SLUC – la première chronologiquement – est nettement moins prestigieuse. Il s’agit de l’ex-Clermontois Lesly Bengaber. Son escale en Meurthe-et-Moselle a surpris. L’ailier français est en effet un habitué de l’antichambre, qui a tenté sa chance dans l’élite entre 2006 et 2008, sans grand succès. « A priori, il vient pour jouer au poste 3 derrière Ricardo Greer. Mais il ne faut pas oublier qu’on essaye de mettre en piste Saidou Njoya. S’il ne saisit pas sa chance, Cox pourra retrouver le poste 1 et Bengaber le poste 2. »
Pour l’instant, ce scénario n’est évidemment pas à l’ordre du jour. S’il est conscient de « prendre un risque en donnant des responsabilités à un garçon de vingt ans », Jean-Luc Monschau compte bel et bien « mettre Njoya sur le terrain à chaque match ». « Je crois au potentiel de ce garçon », lâche-t-il. Naturalisé début mai, le jeune meneur n’est plus barré par son statut d’étranger. Il sera associé à Steed Tchicamboud au poste 1.
Première conséquence de l’intégration du Franco-Camerounais : John Cox retrouve le poste d’arrière qu’il occupait au Havre. « Ce n’est pas le repositionnement de Cox qui ouvre une place à Saidou Njoya mais bien la volonté de libérer de la place pour Njoya qui pousse Cox en 2 », précise l’entraîneur. Ce jeu de chaises musicales ne devrait toutefois pas déplaire à l’ex-Chalonnais qui a parfois semblé mal à l’aise à la création la saison dernière.
Ce réaménagement est à l’image de l’intersaison nancéienne : pas de chambardement, que des ajustements. « On a choisi de garder notre ossature parce que ce groupe a gagné la phase retour du dernier championnat et, à quelques minutes près à Villeurbanne (en demi-finale, ndlr), il pouvait aller au bout », se remémore coach Monschau. Cette relative stabilité permettra au groupe de s’inscrire « dans la continuité du travail effectué précédemment » dès la reprise le 19 août prochain. Un gain de temps certain pour forger un collectif.
Cependant, Jean-Luc Monschau n’est pas encore sûr de pouvoir compter sur une équipe au complet à la rentrée, tournoi des Amériques oblige (du 26 août au 6 septembre). Si John Cox a renoncé à jouer pour le Venezuela, faute d’assurance, les frères Greer réservent leur réponse. En cas de participation avec la République dominicaine, Jeff et Ricardo manqueraient les trois premières semaines de préparation du SLUC.

Jean-Philippe Chognot


Article publié dans le BasketNews du 13/08/2009, en page 12.

Publié dans Basketball

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