Fabien Faul : «Se tourner vers la nourriture spirituelle»

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Faul.jpgLe Carême débute le 17 février. Selon l’abbé Fabien Faul, c’est l’occasion de « se libérer de ses addictions ».

Qu’est-ce que le Carême ?

Abbé Fabien FAUL, directeur du Centre autonome d’enseignement de pédagogie religieuse de Metz : C’est une période de quarante jours pendant laquelle on se prépare aux célébrations de Pâques. Il s’agit de se concentrer sur sa relation au Christ. Comme dans les autres religions, cela prend trois aspects : la prière, le partage et le jeûne. Le principe est de faire le tri entre ce qui est essentiel et ce qui est secondaire dans sa vie.

Concrètement, comment se pratique le jeûne ?
Les pratiquants doivent manger sobrement ou s’abstenir de manger lors du mercredi des Cendres, premier jour du Carême [cette année, le 17 février, NDLR], et du Vendredi saint [cette année, le 2 avril, NDLR]. Par ailleurs, il faut manger maigre tous les vendredis du Carême. Mais le jeûne ne doit pas être uniquement alimentaire. Il s’agit aussi de se libérer de ses addictions, comme la cigarette, les jeux vidéos ou la télévision par exemple. Le principe est de se priver des nourritures terrestres pour se tourner vers la nourriture spirituelle.

En quoi consiste l’opération Carême à domicile ?
C’est une initiative du diocèse de Metz qui date des années 1970. Il édite un livret qui sert de support pour faire Carême chez soi. Les pratiquants sont invités à se réunir chaque semaine par petits groupes pour lire un texte de l’Evangile et le commenter. C’est une façon de se retrouver ensemble pour un temps communautaire. D’autres diocèses ont repris l’idée. Beaucoup, en France et dans les pays francophones, commandent les livrets. L’an dernier, environ 10 000 exemplaires avaient été imprimés. Cela n’avait pas suffi.

De moins en moins de catholiques font carême. Pourquoi ?
Le Carême n’a de sens que dans le cadre d’une pratique globale de la religion. Or désormais, ce n’est plus parce que notre famille est chrétienne pratiquante que l’on est soi-même chrétien pratiquant. La foi est d’abord une relation personnelle avec le Christ. Maintenant, beaucoup se disent croyants mais pas pratiquants.

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans Le Républicain Lorrain, édition de Metz-Orne, du 09/02/2010, en page 2.

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