Les Affaires sociales et la Banque mondiale lancent un plan contre la pauvreté

Publié le par Jean-Philippe Chognot

667980_65987923871.jpegRéduire la pauvreté de 50 % en trois ans. Tel est l'objectif du ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, qui a annoncé hier un programme national de ciblage de la pauvreté (PNCP) en colaboration avec la Banque mondiale.
La quinzaine écoulée a été studieuse aux Affaires sociales. Le ministre Sélim Sayegh et ses conseillers ont multiplié les rencontres avec des représentants de la Banque mondiale pour élaborer un plan de lutte contre la pauvreté. En a découlé un programme national de ciblage de la pauvreté (PNCP), détaillé hier par M. Sayegh. Cette initiative vise à réduire le fléau de 50 % en trois ans. Le Bureau de la coopération italienne ainsi que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) participeront au financement.
Le programme s'articule autour de deux étapes. Dans un premier temps, les soixante-dix centres de développement social du ministère collecteront des informations sur les familles demandant des aides en leur faisant remplir un questionnaire. Ces données seront ensuite analysées par un outil de statistique. « Ainsi, nous pourrons classifier les demandeurs selon leur niveau de pauvreté, explique Sélim Sayegh. Cela facilitera le transfert des aides sociales et empêchera leur attribution à des gens qui ne les méritent pas. » Cette phase d'étude coûtera neuf millions de dollars, acquittés à moitié par le gouvernement.
Ce plan doit permettre de « cibler 327 668 personnes d'ici à 2015 », indique M. Sayegh. Cent millions de dollars leur seront alloués. Le ministre ne compte pas attendre les résultats de l'étude pour leur venir en aide puisqu'une stratégie sera mise en place dès septembre. « Nous gagnerons ainsi un an et la pauvreté pourra commencer à diminuer à la fin 2011, assure-t-il. Nous ajusterons notre action en cours de route lorsque l'étude nous révélera ses conclusions. »
En attendant, le gouvernement s'appuie sur les derniers chiffres de la pauvreté, calculés en 2004 par l'Administration centrale des statistiques. Selon ces chiffres, le Liban compte 28 % de pauvres (revenu inférieur à 4 dollars par jour), dont 8 % de personnes en situation d'extrême pauvreté (revenu inférieur à 2,4 dollars par jour). « En six ans, la situation n'a pas changé de manière significative, relativise le ministre des Affaires sociales. Les variations doivent être de l'ordre de 1 à 2 %. »
Le gouvernement envisage des solutions différentes selon le niveau de pauvreté. Il préconise de donner un coup de pouce aux moins pauvres dans leur recherche d'emploi ou leur éducation. Concernant les plus durement touchés, il prévoit en revanche des aides sous forme de sommes sonnantes et trébuchantes. « Pendant longtemps, j'ai pensé qu'il ne fallait pas donner d'argent aux gens pour ne pas en faire des assistés, confie Sélim Sayegh. Mais depuis que je suis impliqué dans la lutte contre la pauvreté, je me suis rendu compte que c'est parfois la seule solution pour maintenir les plus fragiles hors de l'eau. »

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le quotidien libanais L'Orient-Le Jour, du 14/08/2010.

Publié dans International

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