Alexandre Gilquin : «Le racisme existe toujours»

Publié le par Jean-Philippe Chognot

FECR-copie-1.jpgConcerts, stands, animations… Le campus de l’université Paul-Verlaine sur l’île du Saulcy accueillera du 17 au 19 mars le Festival étudiant contre le racisme (FECR). L’organisateur Alexandre Gilquin espère que l'« aspect festif de l’événement ne brouillera pas son message » anti-discriminations.

En quoi consiste le Festival ?
Alexandre GILQUIN, président de l’association Festival étudiant contre le racisme : « L’opération a été créée par l’Unef [Union nationale des étudiants de France, NDLR] il y a une dizaine d’années. Désormais, le festival a lieu nationalement dans toutes les facultés françaises. A Metz, nous suivons le mouvement depuis cinq ans sur le campus de l’université Paul-Verlaine sur l’île du Saulcy. L’événement mobilise une cinquantaine de bénévoles, étudiants et associatifs, sur trois jours. L’objectif est de faire passer le message de la lutte contre les discriminations à travers une manifestation festive, artistique et musicale. »

Comment se déroulera l’édition 2010 ?
« Comme lors des trois dernières éditions, nous allons installer un grand chapiteau dans lequel auront lieu des concerts et des animations. Nous avons essayé de faire venir des artistes engagés, comme Mell, Nordine le Nordec ou Zob. Autour du chapiteau, un « village de la diversité » sera animé par une vingtaine d’associations. Chacune lutte au quotidien contre un ou plusieurs types de discrimination. Cette année, nous avons également mis au point un « jeu de la diversité » : sur chaque stand, les festivaliers pourront répondre à des questions autour de ce thème. Le but est de faire en sorte que les gens soient acteurs, pas seulement spectateurs. Nous espérons ainsi que l’aspect festif du FECR ne brouillera pas son message anti-discriminations. Par ailleurs, une pièce de théâtre engagée sera interprétée par la compagnie Le corps cri, mercredi et jeudi à 20h au théâtre du Saulcy. »

La lutte contre le racisme est-elle toujours d’actualité ?
« Le racisme et les discriminations existent toujours même si l’on en parle moins. Les mentalités évoluent mais pas assez. La Halde [Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, NDLR] recueille encore énormément de plaintes. Par exemple, les discriminations au travail ou à l’entrée des boîtes de nuit sont encore très fréquentes. Récemment, deux copines se sont fait fouiller à la sortie d’un magasin à cause de leur faciès maghrébin. Ce n’est pas un cas isolé. Le racisme se base sur de l’incompréhension. C’est donc par la pédagogie et l’éducation populaire que l’on fera bouger les choses. »

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot


Article publié dans Le Républicain Lorrain, édition de Metz-Orne, du 10/03/2010, en page 1.

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