La grogne des femmes de mineurs

Publié le par Jean-Philippe Chognot

veuves.jpgUne délégation de 115 femmes et veuves de mineurs a été reçue à Metz par le directeur de la Caisse de sécurité sociale du régime minier (Carmi). Elles ont demandé le retrait d'un décret qui supprime le remboursement des frais de transports de soins.
« Ils veulent se débarrasser des veuves de mineurs. » « On nous prend pour des moins-que-rien. » « Autant nous tirer tout de suite une balle dans la tête. »… La colère est vive parmi les veuves et femmes de mineurs retraités lorrains. Elles ont été reçues hier après-midi, à Metz, par Yves Aid, directeur général de la Carmi-Est (Caisse régionale de la Sécurité sociale dans les mines de l'Est). Raison de leur courroux : le décret du 31 décembre 2009 relatif à l'organisation de la Sécurité sociale dans les mines, signé par le Premier ministre François Fillon.
Le texte a supprimé, depuis le 1er janvier, le remboursement de leurs frais de transports de soins. Grâce à cet acquis qui datait de 1946, leurs déplacements, chez le médecin par exemple, étaient entièrement pris en charge par la Carmi.
« Nous demandons le retrait du décret et le retour à la gratuité en vigueur jusque-là », a revendiqué Jean Markun, responsable de la Fédération régionale CGT des mines de fer et de sel de Lorraine, portevoix de la délégation.

Monter au ministère
Entassées dans la salle de réunion locale syndicale de la Carmi, les 115 femmes de mineurs présentes ont illustré leurs propos par leurs mésaventures personnelles. « La semaine dernière, mon mari avait besoin d'un médecin mais celui-ci refusait de venir. Il s'est finalement déplacé en bougonnant parce que nous avons beaucoup insisté », s'est plainte l'une d'elles. « Avec ma pension de 500 € par mois, je n'ai pas les moyens de payer un taxi pour aller me soigner », a enchéri une veuve.
Yves Aid s'est dit « conscient de l'impact du décret sur le quotidien des femmes de mineurs », ajoutant toutefois qu'il « n'est pas compétent pour remettre en cause un décret pris par le gouvernement ». Pour terminer, il a promis de rendre compte des doléances auprès de la Caisse autonome nationale (Can), l'organisme qui gère toutes les Carmi de France. Son conseil d'administration se réunit aujourd'hui et doit se prononcer sur le fameux décret.
« Nous avons été entendues mais nous ne nous faisons pas d'illusions », a réagi Geneviève Marchal, responsable du Collectif régional CGT des veuves et femmes de retraités des mines, après la rencontre. « Nous savons que le directeur de la Carmi ne peut pas faire grand-chose mais ce n'est qu'un premier pas, a conclu Jean Markun. Maintenant, il faut monter plus haut, sans doute au ministère de la Santé, pour faire bouger les choses. » Aucune date n'est encore arrêtée pour monter à Paris.

Jean-Philippe Chognot


Article publié dans Le Républicain Lorrain, édition de Metz-Orne, du 17/02/2010, en page 3, et dans l'édition de Meurthe-et-Moselle, du 18/02/2010, en page 3.

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