Ils dessinent leurs souvenirs

Publié le par Jean-Philippe Chognot

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Sept personnes âgées, hospitalisées au centre de gériatrie Félix-Maréchal de Plappeville, ont participé la semaine dernière à un atelier artistique. La règle du jeu : dessiner un souvenir agréable.
La main est tremblante, le mouvement hésitant, le trait fragile. A l’aide d’un coton-tige, Raymonde esquisse des figures sur un support recouvert d’encre. Epaulée par Aurélie Amiot, elle tente de donner forme à ses souvenirs. Avec six camarades, hospitalisés comme elle au centre de gériatrie Félix-Maréchal de Plappeville, la vieille femme a participé, de lundi à vendredi, à l’atelier Te souviens-tu ?.
« Je leur demande de représenter un souvenir agréable de leur vie, indique Aurélie Amiot, l’artiste marnaise qui anime l’atelier. Le résultat est un mélange entre réel et fictif. » Les personnes âgées sont ensuite invitées à nommer leurs oeuvres. Quelques titres en vrac : L’incendie, Les fleurs de mon jardin, Les collines de Lorraine, La grille de Marie… Toutes ces toiles seront affichées sur les murs des unités de soins.
C’est la chargée culturelle du CHR (centre hospitalier régional) de Metz-Thionville, Nora Celeski, qui a eu l’idée d’organiser cette animation. « Les personnes âgées aiment beaucoup parler de leur passé et l’atelier leur permet de le faire grâce au langage de l’art, explique-t-elle. Plus généralement, les animations culturelles s’adressent au côté sain du patient et lui permettent d’oublier son côté malade. »

Sensations oubliées
Les dessinateurs vétérans profitent également de l’atelier pour échanger des anecdotes. « C’est touchant, ils parlent beaucoup d’amour », confie Aurélie Amiot. Au détour d’un souvenir, il leur arrive même de fredonner des airs d’autrefois. « Marilou, Marilou, souviens-toi du premier rendez-vous », chantent en choeur Raymonde et Marie, sur un air de Tino Rossi.
Au bout de deux heures, les petites douleurs commencent tout de même à refaire surface. « J’ai les mains en compote », lâche Marie, sans se départir de son éternelle bonne humeur. L’atelier aura permis aux personnes âgées d’oublier, l’espace d’un instant, les souffrances de la vieillesse et de re-découvrir quelques sensations oubliées. « J’ai retrouvé mes mains », conclut Marcel.

Jean-Philippe Chognot


Article publié dans Le Républicain Lorrain, édition de Metz-Orne, du 14/03/2010, en page 9.

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