Handicap : stop à la précarité !

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Handicap.jpgLes associations de défense des handicapés battront le pavé samedi, à Metz, à l’appel de Ni pauvre ni soumis. Elles veulent alerter l’Etat sur la précarité des personnes invalides. 200 manifestants sont attendus.
« La plupart des handicapés vivent sous le seuil de pauvreté », s’alarme Suzanne Barbenson, représentante lorraine de l’Association des paralysés de France (APF). Des manifestations auront lieu samedi, dans dix-neuf grandes villes françaises, pour lutter contre ce constat. Le mot d’ordre a été lancé par le collectif Ni pauvre ni soumis, qui réunit quatre-vingt-quatorze associations dont l’APF. « A Metz, nous espérons au moins deux cents personnes, annonce l’intervenante associative. Beaucoup de gens devraient toutefois se heurter au manque de transports. » Des manifestants sont attendus des quatre départements lorrains ainsi que de Haute-Marne et de Haute-Saône.
La journée d’action débutera à 10h par une table ronde avec des députés et sénateurs lorrains, à l’Ecole de reconversion professionnelle (ERP) Jean-Moulin, place de France à Metz. « Nous voulons les sensibiliser aux problèmes économiques que rencontrent les personnes handicapées ou atteintes de maladies invalidantes, pour qu’ils relayent nos revendications auprès du gouvernement, explique Suzanne Barbenson, elle-même tétraplégique depuis l’âge de 17 ans. Nous avons prévu des haut-parleurs à l’extérieur de l’école pour que tout le monde puisse suivre les débats. » Pour l’instant, seuls les députés Denis Jacquat et Michel Liebgott ont confirmé qu’ils seraient présents ou représentés.

Trois doléances
Une soupe populaire sera proposée à midi, « pour que la manifestation soit accessible même aux personnes en situation de précarité ». Après le ravitaillement, le cortège partira à 13h30 en direction de la préfecture. « Nous serons reçus par le chef de cabinet du préfet et nous demanderons à voir le préfet en personne sans toutefois nous faire d’illusions », indique la représentante de l’APF.
Les leaders associatifs remettront leur plateforme de revendications au représentant de l’Etat. Ils ont trois principales doléances. Dans un premier temps, ils réclament la création d’un « revenu d’existence » égal au Smic brut (1 343,80 € par mois) pour toutes les personnes handicapées vivant sous le seuil de pauvreté européen (908 € par mois). « Actuellement, nous n’avons droit qu’à deux indemnités non cumulables : l’Allocation adulte handicapé (AAH) [environ 700 € par mois, ndlr] et la pension d’invalidité, indexée sur les trimestres travaillés », signale Suzanne Barbenson.
Deuxième requête : l’augmentation du seuil d’accès à la CMU (Couverture maladie universelle) pour que les bénéficiaires d’allocations d’invalidité puissent y avoir accès. Enfin, Ni pauvre ni soumis demande la suppression de ce qu’il appelle « les mesures de régression sociale ». En vrac : les franchises médicales, les forfaits hospitaliers, la fiscalisation des indemnités perçues par les accidentés du travail…
Jean-Philippe Chognot

Article publié dans Le Républicain Lorrain, édition de Metz-Orne, du 25/03/2010, en page 3.

Publié dans Local

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