Georgia Tech-Lorraine : la vingtaine ambitieuse

Publié le par Jean-Philippe Chognot

gtl.jpgGeorgia Tech-Lorraine a 20 ans. Depuis 1990, l’antenne du Georgia Institute of Technologie a formé des milliers d’ingénieurs en électronique, mécanique et informatique. La croissance de GTL va se poursuivre.
« Georgia Tech-Lorraine n’avait que cinq étudiants lors de sa première rentrée scolaire en 1990, rappelle Yves Berthelot, son président. Désormais, environ 500 élèves passent par le campus messin chaque année. » La comparaison est éloquente. En vingt ans d’existence, l'antenne mosellane du Georgia Institute of Technology a acquis une réelle force d’attraction auprès des futurs ingénieurs en génie électronique, mécanique ou informatique.
L’aventure débute à la fin des années 1980, sous l’impulsion de Jean-Marie Rausch. Désireux d'implanter une présence américaine sur le Technopôle, le maire de Metz traverse l’Atlantique pour y démarcher plusieurs universités. « Il s’est notamment rendu sur les campus de MIT et de Stanford, raconte Yves Berthelot. Patrick Crecine, le président de Georgia Tech, a tout de suite trouvé l’idée géniale. » Georgia Tech-Lorraine ouvre donc ses portes à l’automne 1990, « malgré une forte opposition parmi les politiques messins ».
Le nouveau-né fait ses premiers pas dans un relatif anonymat. « Les débuts ont été difficiles, se souvient le président. GTL a stagné pendant une demidécennie avec une petite trentaine d’étudiants par an. Les effectifs ont commencé à s’étoffer à partir de 1995. » L’établissement décolle définitivement dix ans plus tard, grâce à Jean-Lou Chameau. Le Français occupe alors un poste de doyen sur le campus d’Atlanta. Sur son initiative, Georgia Tech décide en 2005 de doter GTL de professeurs à plein-temps. Cela permet à l’antenne messine d’attirer des pointures. Dès lors, la notoriété de la petite soeur messine progresse sensiblement. « Cette année, nous avons même été obligés de refuser du monde pour la session estivale, indique Yves Berthelot. Nous avons reçu plus de 300 candidatures pour seulement 220 places. »

Projet d’extension
La situation géographique de Georgia Tech Lorraine est son meilleur argument pour séduire les étudiants américains. « Une de mes premières motivations pour venir à Metz était de découvrir l’Europe », confie Christopher Bishop, 23 ans, doctorant à GTL depuis août dernier.
Le campus messin permet aux étudiants d’obtenir des doubles diplômes franco-américains, grâce à des partenariats avec Supélec, l’Ensam et l’université Paul-Verlaine. « Parallèlement à notre activité de formation, nous sommes aussi en pointe dans la recherche, ajoute le président Berthelot. Depuis quelques années, nous collaborons avec le CNRS [Centre national de la recherche scientifique, NDLR] au sein de l’Unité mixte internationale (UMI). Il s’agit d’un laboratoire où se côtoient chercheurs messins et américains sur le thème des nanotechnologies notamment. »
Désormais en orbite, Georgia Tech-Lorraine commence à se sentir à l’étroit. Pour continuer son ascension, le campus lorrain planche actuellement sur un projet d’extension. « Nous discutons avec les collectivités locales pour créer de nouveaux laboratoires. Cela nous permettrait d’accueillir plus d’étudiants et de chercheurs, cela va de pair avec notre autre projet : l’Institut Lafayette (ci-contre) », conclut Yves Berthelot.

Jean-Philippe Chognot

 

Lafayette prend forme

berthelot.jpg« Si tout va bien, nous espérons signer un accord avec les collectivités locales pour créer l’Institut Lafayette avant la fin de l’année », indique Yves Berthelot. Dans les cartons depuis 2007, le projet initié par Georgia Tech-Lorraine devrait bientôt sortir de terre. Ce bâtiment sera basé sur le Technopôle, « sans doute à côté du campus de GTL ». Il offrira de nouveaux laboratoires de recherche optoélectronique, c’est-à-dire dans les domaines de l’optique, de l’électronique et des nanotechnologies. « Ces recherches auront leurs principales applications dans le domaine de l’énergie, un marché en pleine explosion », détaille Yves Berthelot. Les installations permettront notamment aux industriels de tester leurs prototypes à moindre coût, « pour favoriser la création d’entreprise ». « L’Institut aura pour modèle deux organismes équivalents qui fonctionnent très bien à Atlanta : le Nanotechnology research center et l’Enterprise innovation institute », indique Yves Berthelot. L’Institut Lafayette s’appuiera sur les chercheurs de Georgia Tech-Lorraine mais « sera ouvert à tous les labos lorrains ».

J.-Ph. C.


Article publié dans Le Républicain Lorrain, édition de Metz-Orne, du 04/03/2010, en page 2.

Publié dans Local

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