Alain Delime : «Le concept d'autisme est trop flou»

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Delime.jpgLe campus de l’université Paul-Verlaine a accueilli hier la 4e journée régionale des Troubles envahissants du développement (TED).

Que sont les Troubles envahissants du développement ?
Alain DELIME, maître de conférence à Paul-Verlaine et organisateur de la journée des TED : « Cette dénomination n’est utilisée en France que depuis 2005 alors qu’elle existe depuis longtemps dans les pays scandinaves ou en Grande-Bretagne. Quelqu’un est atteint de troubles envahissants du développement lorsqu’il cumule deux des trois symptômes suivants : problèmes de communication, de relations sociales ou d’apprentissage. Les TED regroupent beaucoup de maladies comme l’autisme par exemple. Les parents de malades préfèrent l’appellation TED car l’autisme est un concept trop flou et connoté. »

Pourquoi avoir organisé cette journée ?
« L’objectif est de dépassionner le débat autour des Troubles envahissants du développement. Pour l’instant, cela s’apparente à un champ de bataille. C’est la guerre entre parents et professionnels, entre éducateurs et psychologues, entre psychologues et orthophonistes, etc. Il y a tellement d’obstacles, de préjugés, de peurs… L’idée de cette journée est de faire se rencontrer tous les acteurs dans un endroit neutre pour que cessent ces querelles de clocher. »

Quelles thèses s’affrontent ?
« D’un côté, il y a le clan psychiatrique et, de l’autre, le versant éducatif. Les uns soutiennent à tort que les TED sont de l’ordre de la psychose et les autres pensent qu’il faut miser sur l’apprentissage et l’éducation. »

Pourquoi vous intéressezvous à ces troubles ?
« Je mène ce combat parce que mon fils est atteint par le syndrome de l’X-fragile. Cela lui cause des problèmes de communication et de relationnel. Au quotidien, nous sommes confrontés à de nombreux obstacles. Par exemple, il y a beaucoup de problèmes concernant la prise en charge des enfants à l’école. L’Education nationale a peur et n’embauche pas assez d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) pour les accompagner. Pourtant, c’est important de permettre aux enfants atteints de TED d’évoluer dans un milieu scolaire. S’ils sont isolés, leurs difficultés communicationnelles ne peuvent que se renforcer. »

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot


Article publié dans Le Républicain Lorrain, édition de Metz-Orne, du 11/03/2010, en page 4.

Publié dans Local

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