Sousa (Le Havre) : «On sert de tremplin»

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Avec l’un des plus petits budgets de Pro A, le recrutement est toujours un exercice périlleux au Havre. Une fois n’est pas coutume, le STB a tout de même réussi à terminer son puzzle en avance, malgré une cascade de départs. Jean-Manuel Sousa fait le point sur son effectif à une semaine de la reprise.

Vous avez réussi à boucler votre effectif bien avant le début de la préparation. Ça change de l’an dernier.
C’est clair qu’on a essayé d’aller plus vite. L’année dernière, on avait eu du mal à trouver nos deux joueurs Cotonou et Bosman faute de moyens. On avait commencé le championnat avec une équipe incomplète. Il se trouve que cette année, on a trouvé les joueurs qui correspondaient à nos moyens financiers et à ce qu’on recherchait sur le terrain. On n’avait pas forcément les moyens de prendre de plus grosses pointures donc ça ne servait à rien d’attendre plus.

Vous avez vu partir la quasi-totalité de votre effectif à l’intersaison…
C’est comme ça et je pense que ce sera le cas encore pour un bout de temps. On est conscient qu’on sert de tremplin. Que ce soit au niveau financier ou de par les compétitions que l’on joue, on n’a pas les moyens de garder nos joueurs. Forcément, certains aspirent à jouer dans des clubs plus huppés qui font la coupe d’Europe. D’autres veulent gagner beaucoup plus d’argent. D’autres encore ont envie de changer d’air après un certain nombre d’années passées au club. Si on avait pu, on aurait quand même aimé garder Marcus Slaughter et Fabien Causeur (partis respectivement à Nancy et à Cholet, ndlr).

Quelles ont été les lignes directrices de votre recrutement ?
La première, c’était de garder nos Français. On en a conservé trois sur quatre (Rudy Jomby, Romain Duport et Pape Sy, ndlr). La deuxième, c’était d’essayer de prendre un minimum de novices qui sortent de l’université. On voulait des joueurs qui avaient déjà joué un ou deux ans en Europe ou ailleurs. Des joueurs qui connaissent le métier et qui savent comment ça se passe. Et la troisième ligne directrice, c’était de ne pas prendre trop de jeunes joueurs. L’année dernière, on en avait deux (Kentrell Gransberry et Brian Laing, ndlr) et on ne peut pas dire que ça a été une réussite.

Quelles lacunes du STB version 2008-09 avez-vous tenté de gommer en priorité ?
En attaque, on avait une mauvaise sélection de tirs l’année dernière. Nos shoots n’étaient pas toujours préparés, pas toujours pris dans le bon timing. On était une équipe qui tirait beaucoup à trois-points mais pas toujours à bon escient. On a essayé de corriger ça avec, entre autres, l’arrivée de J.J. Miller, qui est plus organisateur que T.J. Thompson. En ce qui concerne la défense, on n’était pas non plus très fort. La saison prochaine, Miller, Oguchi, Blankson et Lovedale pourront apporter plus que leurs prédécesseurs dans ce domaine. C’est important parce que c’est en défense que se gagnent les matches. Et c’est surtout là qu’on verra si le groupe est homogène et s’ils ont envie de faire les efforts ensemble.

Votre effectif est très américanisé…
Nous n’avons pas les moyens de prendre les joueurs français qui peuvent nous apporter autant qu’un Ricain. Le vivier américain est tellement vaste que les prix sont moins importants. On est donc obligé de se rabattre sur ce type de joueurs. Mais ce n’est pas parce qu’on prend des joueurs américains qu’on ne va pas faire jouer nos Français. On en a trois et j’espère bien les mettre sur le parquet.

L’année dernière, Jomby et Duport sont devenus de vraies rotations. Qu’attendez-vous d’eux cette année ?
Qu’ils continuent à progresser et qu’ils prennent encore plus d’importance dans le groupe. Je n’attends pas qu’ils soient des leaders mais qu’ils apportent leur pierre à l’édifice. Comme ça, peut-être que l’année prochaine, on pourra prendre moins d’Américains. En fin de saison passée, Rudy avait su saisir sa chance et grappiller du temps de jeu à notre ailier américain (Laing, ndlr). J’attends qu’il confirme et qu’il continue sur cette lancée. Quant à Romain, je pense qu’il faut lui laisser le temps de mûrir. Un intérieur de 2,17 m arrive rarement à maturité à 23 ans. Dans deux ou trois ans, ce sera beaucoup mieux.

De son côté, Pape Sy n’a pratiquement pas joué la saison passée. Que peut-il apporter ?
On espère qu’il va intégrer la rotation. C’est un jeune qui est très doué en attaque, qui a d’énormes qualités. C’est un meneur de jeu qui peut jouer 1 et 2 et qui fait deux mètres. En France, c’est rare. L’année dernière, il n’a pas joué parce qu’il a été absent six mois et demi à cause d’un problème de genou. J’espère que cette année, physiquement, tout va aller pour le mieux et qu’il va pouvoir exprimer ses qualités, petit à petit.

Fabien Paschal s’est montré à son avantage lors de l’Euro juniors. Peut-il grappiller des minutes dès maintenant ?
Cette année, il va commencer à s’entraîner avec les pros petit à petit. Il fera partie du groupe mais de là à dire qu’il jouera… Ce serait un peu trop rapide. Fabien est encore un peu juste pour l’instant. Il lui manque beaucoup de travail physique. Il a encore besoin de s’étoffer énormément. Mais c’est un jeune qui a du talent.

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot


Article publié dans le BasketNews du 13/08/2009, en page 10.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Publié dans Basketball

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