France-Finlande : 5 raisons de se méfier

Publié le par Jean-Philippe Chognot

« Pour battre la France, il faudrait un miracle »,  lâche Henrik Dettmann, l’entraîneur de la Finlande. C’est vrai que, sur le papier, les Bleus hexagonaux sont nettement supérieurs aux bleus et blancs finlandais. Mais, sans faire appel au surnaturel, voici cinq raisons bien terre à terre de craindre l’équipe nordique.

Le retour des cadres
Emblème du basket finlandais, Hanno Mottola revient à la compétition après neuf mois de retraite. Henrik Dettmann, coach de la sélection, n’est pas peu fier de ce retour : « Hanno est le meilleur joueur qu’on puisse rêver d’entraîner. Il apporte du leadership, des qualités humaines, de l’expérience et sa connaissance du jeu. » Son année sabbatique a été bénéfique selon le technicien : « Je ne l’ai jamais vu aussi en forme sur les dix dernières années. » Sa science offensive et sa taille sont redoutables dans la raquette.
Le danger vient aussi de l’extérieur où Teemu Rannikko effectue son retour. L’été dernier, blessé, il n’avait pas pu participer aux matches de qualification. Sa présence est un motif d’espoir supplémentaire pour Dettmann : « Quand il est en bonne santé, je le classe parmi les meilleurs meneurs de jeu en Europe. Il sait vraiment comment rendre son équipe meilleure. » Touché contre la Hongrie il y a dix jours, Rannikko a repris l’entraînement jeudi dernier.

Une équipe décomplexée
L’été dernier, la campagne de qualification a donné confiance aux Finlandais. Grâce à un esprit d’équipe exemplaire, ils ont réussi à bousculer l’Italie par deux fois (80-88 puis 62-69) et surtout à infliger à la Serbie sa seule défaite (80-77). « Si nous pouvons battre la Serbie, nous pouvons battre presque n’importe qui », assure l’entraîneur nordique.
Plus anecdotique, la Finlande avait battu les Bleus (78-76) en préparation à Strasbourg. Les Français de Michel Gomez avaient alors des allures d’équipe B. « Nous sommes conscients que nous n’affronterons pas la même équipe cette année », relativise Dettmann. « Mais bon, quand tu as goûté à quelque chose de bon, tu veux forcément en avoir davantage. »
Seul bémol : « Pour le moment, nous ne sommes pas au même niveau que l’an passé. » Mais désormais, l’équipe connaît son potentiel et est convaincue de pouvoir rivaliser avec des équipes d’un standing supérieur au sien. Mentalement, c’est déjà un premier obstacle de franchi.

Les flambées de Koponen
Peu utilisé à la Virtus Bologne, Petteri Koponen profite de la sélection pour s’épanouir. Et c’est peu de dire que la tunique nationale lui réussit. 26 points contre la Hongrie, 20 points, 6 rebonds et 6 passes face aux Pays-Bas, de nouveau 20 points en Estonie et 21 unités contre les tall blacks néo-zélandais… Le meneur finlandais est devenu à 21 ans le leader offensif de la sélection. Sa fougue et son attitude entreprenante sont complémentaires des qualités de gestionnaire de Teemu Rannikko. Leur association est la rampe de lancement du jeu rapide prôné par coach Dettmann.
Cependant, les coups de chaud de Koponen inquiètent le technicien plus qu’ils ne le rassurent. En effet, le jeune point guard peine à emmener ses coéquipiers dans son sillage. « Si votre meneur de jeu score le plus de points, c’est que vous avez un problème », alerte le coach. « Pour gagner, il faudra avoir quatre ou cinq joueurs à plus de dix points. »

L’effet de surprise
France-Italie, Italie-France… Pour beaucoup, cette double-confrontation suffit à résumer le tournoi de qualification additionnel. Depuis trois semaines, les Bleus se sont préparés en vue du match d’hier à Cagliari face aux transalpins. On en oublierait presque qu’une défaite contre la Finlande pourrait être rédhibitoire dans la course à l’EuroBasket. Les joueurs nordiques avancent donc dans l’ombre et ne se feraient pas prier pour jouer les trouble-fête.
Si Henrik Dettmann refuse de croire à une démobilisation des Bleus, des précédents existent bel et bien. Depuis une défaite traumatisante contre le Liban (73-74) au championnat du monde 2006, on sait qu’une équipe de France relâchée peut faillir contre n’importe qui. Six joueurs défaits par le Liban – Boris Diaw, Florent Piétrus, Ronny Turiaf, Johan Petro, Aymeric Jeanneau et Yannick Bokolo – font toujours partie du groupe France. Méfiance donc contre un petit poucet pour qui « le seul fait de jouer contre la France est une énorme motivation », dixit le coach.

Un jeu « à la lituanienne »
Courir et shooter. Tel est le leitmotiv qu’Henrik Dettmann rabâche à ses joueurs. « Nous proposons un jeu up-tempo. C’est le seul style de basketball avec lequel nous pouvons être couronnés de succès », assure- t-il. « Si nous courons et si nous sommes capables de mettre des tirs, nous pouvons gagner. » Le message a été reçu cinq sur cinq par ses ouailles. En préparation, les mobylettes finlandaises ont marqué 82,3 points de moyenne.
Face à la puissance et aux qualités athlétiques des Français, les underdogs bleus et blancs comptent faire valoir leurs fondamentaux et leur technique. « Nous nous inspirons du style de jeu lituanien que j’affectionne particulièrement », indique l’entraîneur. « Nous jouons un basketball tout en finesse parce que, de toutes façons, nous n’avons pas de joueurs puissants. Nous sommes dangereux loin du cercle car la plupart de nos joueurs peuvent shooter. » La France est prévenue et devra à tout prix bâillonner les extérieurs finlandais. Ce qu’elle n’a pas su faire contre les Hongrois jeudi dernier à Coubertin.
Jean-Philippe Chognot

Article publié dans le BasketNews du 06/08/2009, en page 6.

Publié dans Basketball

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