Stéphane Dumas : «Valladolid, ma deuxième maison»

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Parmi les joueurs français évoluant en Espagne, Stéphane Dumas est sans doute celui qui connaît le mieux la patrie de Cervantès. L’ex-Limougeaud y use ses sneakers depuis bientôt dix ans. À la reprise, il va redécouvrir la Liga ACB avec le club de Valladolid, sa ville d’adoption.

 

Tu vas retrouver l’ACB après quatre ans en LEB…

C’est une grande chance pour moi. J’ai déjà goûté à l’ACB il y a quelques années et je suis content de pouvoir y goûter de nouveau avec Valladolid. À bientôt 31 ans, c’est peut-être ma dernière opportunité de jouer au meilleur niveau en Europe, dans le meilleur championnat et contre de grandes équipes. C’est ce que tout le monde rêve de faire. Et puis, c’est une récompense de la saison qu’on a réalisée l’année dernière.

 

Comment as-tu vécu cette montée ?

C’était une saison parfaite ! Ça fait plaisir quand tu te sens important, que tu gagnes et que tu arrives à monter. L’équipe était super, on jouait bien au basket et toute la ville était derrière nous. Les joueurs y mettaient beaucoup de coeur donc ça a tout de suite plu, les gens ont accroché. Ils étaient nombreux à venir à la salle pour nous soutenir. En plus, j’ai réalisé ma meilleure saison sur le plan statistique depuis que je suis en Espagne (9,1 points à 48,3% au tir, 3,7 passes en 22 minutes, ndlr).

 

Quel est le niveau de la LEB ?

C’est une belle compétition. En haut de tableau, il y a des très grosses équipes qui ont beaucoup d’argent. Par exemple, Alicante, l’année dernière, c’était une équipe qui, avec deux ou trois retouches, pouvait être en ACB. L’année d’avant, à Saragosse, c’était impressionnant. Il y avait énormément d’argent. En bas de tableau, les clubs sont moins riches mais ils jouent quand même bien au basket. Ce n’est pas évident de les battre. La LEB est un championnat assez ouvert.

 

Elle a attiré beaucoup de Français (*) ces dernières années. Pourquoi ?

Le championnat est intéressant. On est bien payé et on est sûr de toucher son salaire. La vie en Espagne est agréable. Difficile de trouver beaucoup mieux. J’ai testé l’Italie (à Avellino en 2005, ndlr), j’ai fait 24 heures en Grèce… Je préfère rester dans une division inférieure et savoir que ma famille est bien, que je vais toucher mon argent, plutôt que de partir en mission n’importe où et de galérer toute l’année pour gagner trois cacahuètes de plus sans savoir si je vais les toucher. Et puis, ce que j’ai gagné cette année en Espagne, je le gagnerais en deux ans en France par exemple.

 

Après avoir beaucoup bougé, tu sembles te fixer à Valladolid…

C’est ma deuxième ville, ma deuxième maison. Ma femme est de Valladolid, mes deux filles sont nées et commencent à aller à l’école à Valladolid. Toute ma belle famille habite ici. Je connais pas mal de gens que j’avais rencontrés lors de mon premier passage (en 2002-03, ndlr). Pour moi, il n’y a pas mieux. En plus, le club est plutôt « familial ». S’il y a un problème, on peut en faire part au président ou au directeur général. Il y a une très, très bonne ambiance.

 

Comptes-tu revenir un jour en France en tant que joueur ?

Je ne sais pas. Cette année, pour la première fois, j’ai eu des offres concrètes en France. J’ai discuté sérieusement avec un club de Pro A qui était en playoffs ou à la porte des playoffs – je ne sais plus – tout en sachant que ma première option, c’était Valladolid. Ma priorité, ça a toujours été l’Espagne et je pense que ça le sera jusqu’à la fin de ma carrière C’est là que je me sens le mieux. Mais si, plus tard, j’ai du mal à trouver un job ici, peut-être que je serais tenté de revenir en France plutôt que de partir ailleurs.

 

Quel regard portes-tu sur la situation de l’équipe de France ?

Pour moi, la France a peut-être le plus gros potentiel en Europe, avec l’Espagne. À mon avis, il ne manque pas grand-chose pour que l’équipe de France décolle complètement comme le fait l’Espagne depuis trois ou quatre ans, avec une génération de joueurs qui a tout gagné. En France, il manque peut-être la volonté de jouer ensemble. En Espagne, que ce soit Pau Gasol, Juan Carlos Navarro ou les moins connus comme Alex Mumbru, ils vont en sélection pour s’éclater et surtout pour gagner. Quand je vois jouer les Français, je n’ai pas l’impression qu’ils s’éclatent sur le terrain.

 

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

(*) Cette saison, Francis Koffi (La Palma), Carl Ona Embo (Rosalia), Bill Philips (Leche Rio) et Nouha Diakité (Illiesca) ont aussi foulé les parquets de LEB.

 

Article publié dans le BasketNews du 23/07/2009, en page 9.

Publié dans Basketball

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