Nancy : le ranking à tout prix

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Éliminé en demi-finale des playoffs par l’ASVEL, Nancy perd son titre. Un échec de plus dans la saison frustrante du SLUC. Pour sauver un exercice décevant et obtenir une place en Euroleague, les Lorrains tentent de remettre le ranking au goût du jour. Sans doute un des feuilletons de l’été.

« On avait déjà un pied à Bercy. » Lorsque John Cox donne dix points d’avance (56-46) au SLUC à sept minutes du buzzer du match d’appui, Jean-Luc Monschau et ses joueurs s’imaginent déjà en finale. Pendant plus de trois quart-temps, ils interprètent une partition sans fausse note, avant de déchanter. Sous l’impulsion d’Aymeric Jeanneau et de Laurent Foirest – 8 points en trois minutes pour « Lolo » –, l’ASVEL inflige un 16-0 au champion de France, le déchéant de son titre. Lors de la demi-finale retour, déjà, Nancy avait traversé un trou d’air similaire en fin de rencontre. Menant 46-45 à la 25e minute, les Nancéiens avaient encaissé un 24-4 rédhibitoire.

Deux scénarios inexplicables au regard du holdup réalisé à l’aller à l’Astroballe. « La mécanique s’est enrayée », regrette l’aîné des Monschau. « On a continué à prendre les tirs ouverts que l’on réussissait avant, mais ils ne sont plus rentrés. Chacun peut l’interpréter comme il veut. » Cette double défaillance dans le money time est symptomatique de la saison du SLUC. Durant l’exercice qui s’achève, les Lorrains ont souvent calé dans la dernière ligne droite, retombant dans les travers d’un jeu stéréotypé. En Euroleague, ils ont eu deux occasions d’accrocher le Top 16, en vain. La pole de la saison régulière a échappé aux couguars lors de l’ultime journée à Villeurbanne. La coupe de France s’est dérobée à l’issue d’une finale à sens unique face au Mans. De quoi laisser un « sentiment de frustration et d’inachevé » au président Christian Fra.

« Le vrai regret, c’est de ne pas avoir disputé tous les matches décisifs au complet », déplore Jean-Luc Monschau. « Au niveau des blessures, on a eu une poisse comparable à nul autre club. » Dernier pépin en date, une entorse qui a écarté Victor Samnick des parquets pendant les six dernières semaines de compétition. « Quand on voit l’impact qu’il avait avant de se blesser, son absence a été dramatique. Dans ce contexte-là, je pense vraiment que l’on a fait le maximum », relativise l’entraîneur alsacien.

« En plus, on a atteint l’un de nos objectifs prioritaires de la saison : la première place au ranking », ajoute-t-il. En écartant Roanne en quart de finale des playoffs, le SLUC s’est en effet assuré le leadership du ranking. Un non-événement ? Ce classement, qui prend en compte les performances des trois dernières saisons, offre théoriquement une place en Euroleague pour les trois prochaines saisons. Cependant, la future mouture de la compétition européenne, voulue par son président Jordi Bertomeu, condamne ce mode de qualification.

 

Cinq joueurs sous contrat

Les Nancéiens campent toutefois sur leurs positions. « On est qualifié en Euroleague. Le règlement est clair et quiconque voudrait le modifier tricherait », lance le technicien nancéien. Le règlement évoqué est celui de la Ligue Nationale de Basket. Il stipule qu’« une place sera attribuée au club qualifié pour trois ans sur la base du meilleur « ranking Euroleague » (…) » Cependant, la LNB a indiqué lundi à l’AFP que l’ASVEL, Orléans et Le Mans joueraient la compétition reine la saison prochaine.

« On se sent dépossédé de quelque chose qui nous appartient », s’offusque le président Fra. Très remonté, le dirigeant nancéien envisage d’intenter un procès à l’Euroleague rejoignant dans sa lutte « la ligue espagnole (ACB, ndlr) et certains clubs italiens et grecs ». « On utilisera tous les recours possibles mis à notre disposition », prévient Christian Fra, qui a d’ores et déjà fait appel à un avocat spécialisé dans le droit du sport.

En attendant le dénouement de cette affaire, le club nancéien s’attelle au recrutement. L’incertitude quant à la compétition européenne que jouera le SLUC pourrait être un handicap au moment de modeler l’effectif 2009-10. Le président Fra ne s’en formalise pas : « Ce n’est pas un problème puisqu’on s’apprête à constituer, comme tous les ans, la meilleure équipe possible. » Pas sûr toutefois que le SLUC ait la même force d’attraction s’il joue l’EuroCup, hypothèse la plus probable.

Au sein de la cuvée 2008-09, seuls cinq joueurs majeurs sont toujours sous contrat. Il s’agit des frères Greer, de Lamayn Wilson, de John Cox et de Steed Tchicamboud. Parmi eux, Wilson et Ricardo Greer disposent d’une clause de départ activable jusqu’au 30 juin. Tous les autres contrats arrivent à échéance. Quant au jeune néo-Français Saidou Njoya, auteur de bonnes séquences cette saison, il sera intégré au groupe pro. « Il aura un rôle plus important que ce qu’on peut imaginer dans notre effectif », assure JLM. « Ce garçon a vraiment des qualités et on le voit tous les jours à l’entraînement. »

Parmi les joueurs en fin de contrat, Christian Fra assurait en début de semaine dans L’Est républicain que Michel Morandais et Victor Samnick ne seraient plus nancéiens. Le président est depuis revenu sur ses propos : « Rien n’est gravé dans le marbre. Mon souhait est de garder mon personnel qui m’a donné satisfaction. » Une continuité également prônée par son entraîneur qui conclut : « On va essayer de garder une grande partie de ce groupe pour aller au bout de son potentiel, ce qu’on n’a pas pu faire cette saison. »

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 18/06/2009, en page 10.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Publié dans Basketball

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