Ricardo Greer : «La 1ère place ? Qui sait…»

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Après une période difficile au mois de mars, le SLUC a retrouvé le chemin du succès. Contre Le Mans (65-62) vendredi dernier, les coéquipiers de Ricardo Greer ont remporté leur sixième victoire de rang. Le capitaine dominicain revient sur l’embellie nancéienne.

 

Vous avez été dominés par les Manceaux pendant les trois premiers quart-temps avant de leur passer un 16-0 en 8 minutes. Comment avez-vous inversé la situation ?

Le Mans est une équipe exceptionnelle, une équipe solide… Ils ont une grosse défense et un très bon collectif. C’est dur de prendre le dessus sur eux. Pour y parvenir, on a dû rester concentré de la première à la dernière minute. En deuxième mi-temps, on a commencé à leur mettre plus de pression en défense pour leur fermer tous les espaces. Après, les gars de l’équipe, notamment Lamayn Wilson, ont mis des tirs importants en fin de match.

 

Vous n’avez perdu que cinq balles, dont une seule en deuxième mi-temps…

(Il coupe) C’était la clé pour nous, contre la meilleure défense du championnat. Le Mans est une équipe maligne qui défend très dur. Elle capitalise sur les erreurs de l’adversaire. Par conséquent, on s’est appliqué à ne pas perdre le ballon pour contrôler le rythme en deuxième mi-temps. C’est ce qui nous a permis de gagner cette rencontre très difficile.

 

Depuis six matches, vous avez haussé le ton en défense. Sur la période, vous n’avez encaissé que 67,8 points par rencontre contre 76,9 auparavant. Pensez-vous avoir passé un cap ?

Oui, on est plus concentré sur notre défense. Chaque joueur en fait une affaire personnelle. On essaye tous au maximum de stopper notre adversaire direct. Les équipes qui gagnent des matches dans cette ligue sont celles qui ont une bonne défense. C’est donc ce qu’on essaye d’obtenir. On l’a encore montré vendredi (ndlr : contre le MSB). C’est ce qui nous mènera en finale. Les candidats au titre – Villeurbanne, Le Mans ou Orléans – ont tous une très bonne défense. On doit être aussi fort qu’eux si on veut rester en compétition et conserver notre titre.

 

Le pivot nigérian Akin Akingbala est arrivé en cours de saison à la place de Rod Benson. Quelle est sa part dans les succès de l’équipe ?

Akingbala est un gars exceptionnel. C’est la pierre angulaire de notre défense. Il nous aide énormément sur les big men, avec ses contres (ndlr : il est le meilleur contreur de Pro A avec 1,87 block). Il fait de l’excellent boulot. C’est un joueur clé pour nous. On est très content de l’avoir à nos côtés.

 

Après la Semaine des As, vous avez traversé une période délicate en perdant trois matches d’affilée contre Le Havre, Cholet et Roanne. Comment avez-vous vécu cette mauvaise passe ?

Ça a été une période très difficile pour nous. Pendant un mois, on a perdu beaucoup de rencontres. On savait qu’on aurait une période comme ça dans la saison mais l’important c’était de voir comment on répondrait à cette situation. On a perdu trois matches d’affilée et on en a gagné six de rang dans la foulée. On a donc très bien réagi. Tout le monde a fait son boulot, s’est sacrifié pour l’équipe. Ça nous aide bien maintenant parce que quand tu as traversé de mauvais moments, tu ne veux surtout pas replonger.

 

Après T.J. Parker et Lamayn Wilson, Cyril Julian devrait bientôt revenir de blessure. Il y aura alors embouteillage à tous les postes. Ne risque-t-il pas d’y avoir des problèmes d’ego ?

Non, non, non, non… (Il insiste sur chaque mot) On est des hommes en or, pas des gamins de douze ans qui pensent à leur ego. Notre seul but est de gagner des matches pour essayer de remporter le titre. C’est le plus important. On est des bons gars qui veulent se sacrifier pour gagner. On n’a aucun problème de temps de jeu. Chacun comprend bien son rôle et notre façon de jouer le prouve. On prend beaucoup de plaisir à évoluer ensemble. Et puis le coach (ndlr : Jean-Luc Monschau) fait du bon boulot pour gérer l’organisation de l’équipe.

 

Vous allez rencontrer Orléans et l’ASVEL, deux concurrents directs, lors des trois dernières journées de la phase régulière. C’est un calendrier difficile…

(Il coupe) Très difficile. Mais c’est pour ce genre de match que l’on joue. On est dans le moneytime de la saison. Maintenant, toutes les rencontres sont des matches de playoffs.

 

Avec votre victoire sur Le Mans, vous faites une bonne opération dans le haut du classement. Quel est votre objectif désormais ? La première place ? Le Top 2 ?

Notre seul but est de gagner le titre. Peu importe la place à laquelle on termine. Mais bien sûr, c’est mieux de terminer premier ou deuxième pour avoir l’avantage du terrain en playoffs. Nous allons essayer de gagner les trois prochains matches pour être dans la meilleure situation avant d’aborder les playoffs. La première place ? Qui sait… On n’est qu’à deux victoires de l’ASVEL et on va les affronter chez eux. Ils ne sont pas à l’abri d’un faux pas.

 

Dernière question. Jacques Monclar (*) t’a attribué un surnom : le Buffle de Punta Cana. Est-ce que tu penses que ça te correspond bien ?

(Il éclate de rire) J’adore Jacques Monclar. C’est un gars bien. Je l’ai rencontré quand il était entraîneur. C’est une super personne à côtoyer. Il peut me donner n’importe quel surnom, cela me conviendra toujours parfaitement. S’il le dit, je suis le Buffle de Punta Cana ! D’ailleurs, il faut que je lui trouve un surnom aussi. Je vais y réfléchir.

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

(*) Un doute subsiste, et le débat fait rage à BasketNews : est-ce Jacques Monclar ou David Cozette qui a trouvé ce surnom ? Si c’est David, nos excuses !

 

Article publié dans le BasketNews du 30/04/2009, en page 19.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Publié dans Basketball

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