L'ASVEL s'échappe !

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Grâce à sa victoire au sommet contre Orléans (71-59), l’ASVEL creuse l’écart en tête. Sauf grosse surprise, les Verts termineront premiers de la saison régulière. De son côté, Orléans devra lutter jusqu’au bout pour conserver sa deuxième place synonyme d’avantage du terrain en playoffs.

Depuis des mois, le maillot vert suçait la roue de son compagnon d’échappée orléanais. Vendredi, ce dernier a craqué dans une côte, laissant filer le grimpeur villeurbannais vers une victoire certaine. Marqué mentalement, le coureur du Loiret lutte désormais pour ne pas se laisser happer par le peloton. La métaphore cycliste illustre bien la victoire de l’ASVEL sur l’Entente orléanaise (71-59), vendredi à l’Astroballe. Avec deux succès d’avance et le « point-average » sur son adversaire, le club rhodanien s’envole à cinq journées des playoffs. Défait, Orléans voit revenir à un point Le Mans, Roanne et Nancy.

Au contact en première mi-temps (33-32), les hommes de Philippe Hervé ont lâché au retour des vestiaires, encaissant un 17-1 rédhibitoire en six minutes. Un trou d’air inexplicable pour le coach. « N’ayant pas revu le match, je n’ai pas encore assez de recul pour comprendre ce qui s’est passé », nous confiait-il mardi après un break de trois jours. À côté de la plaque, les blancs et noirs n’ont converti qu’un tir et ont perdu dix ballons en autant de minutes. « On les a poussés vers cet effondrement en étant encore plus agressifs en défense », se félicitait le coach rhodanien Vincent Collet après le match.

Le passage à vide vécu par les Orléanais n’est pas qu’un accident. Depuis quelques semaines, les secondes mi-temps sont de vraies zones de turbulence pour eux. Contre Cholet le 4 avril, l’Entente avait encaissé un 17-4. À Hyères le 28 mars, un 16-0 dans les dernières minutes aurait pu leur être fatal. Au match précédent, contre Dijon, ils n’ont pas survécu à un 13-0.

« Ça montre que leur équipe est encore convalescente », analyse Vincent Collet. Le leader déchu a en effet très mal vécu sa défaite en finale de la Semaine des As le 22 février dernier contre Le Mans (64-74). Celle-ci représente une cassure dans la saison de l’EO. Avant la compétition, Orléans semblait intouchable – 15 victoires pour 3 petites défaites –, depuis l’équipe a changé totalement de visage – 2 timides succès pour 5 déroutes alarmantes.

Plus inquiétant encore : l’attaque orléanaise a calé. Avant la désillusion, elle infligeait en moyenne 77,4 points à ses victimes. Désormais, ses bourreaux ne lui en concèdent que 63,6. Soit un débours d’environ 14 unités. Cette baisse correspond à la méforme de Cedrick Banks, chaînon clé du début de saison parfait de son équipe. Inarrêtable avant les As, l’arrière américain n’est plus que l’ombre de lui-même. Contre l’ASVEL, il a une nouvelle fois flanché : 11 points, 3 rebonds mais 8 balles perdues et 5 fautes pour -1 d’évaluation après pourtant un très bon premier quart-temps (8 pts).

 

L’ASVEL est guérie

Tout n’est pourtant pas noir sur les bords de la Loire. Si les Orléanais avaient perdu leur identité après les As, ils ont retrouvé quelques vertus depuis. Un léger mieux qui s’est fait sentir en première période à l’Astroballe. « Ils ont réussi à nous imposer leur rythme », note le coach victorieux. « En faisait cette première mi-temps contre les équipes qui les ont battus, ils auraient forcément gagné des matches. Ils restent une bonne équipe qui peut se retrouver en vue des playoffs. »

Pour ce faire, l’exemple à suivre n’est autre que celui de l’ASVEL. Comme leur dauphin, les Rhodaniens ont mal vécu leur élimination en demi-finale des As. « Ça a été une grosse déception et on a perdu notre identité de jeu », témoigne Ali Traoré. « On ne bloquait plus le jeu intérieur. On ne jouait plus comme on l’avait fait depuis le début de la saison. » Cette période de doute terminée, le leader lyonnais est reparti de plus belle. « Je pense qu’on est complètement guéri et qu’on est encore plus fort qu’avant », se réjouit l’intérieur villeurbannais.

L’ex-Havrais n’est pas étranger à ce retour en grâce. Il l’a encore démontré vendredi contre Orléans. « En première mi-temps, on a tenu en grande partie grâce à son rendement intérieur. En deuxième période, il s’est mis au diapason sur le plan défensif. C’est une grosse performance pour lui », complimente coach Collet. Le Normand ne manque pas non plus d’éloges pour son meneur J.R. Reynolds : « Sur les deux derniers mois, il est devenu un joueur très important dans notre collectif. »

Autre facteur, paradoxal, du redressement des Verts : leur défaite à domicile contre la SIG (85-77) le 13 mars. En tête de quinze points à 7 minutes du terme, les locaux ont finalement perdu de huit points suite à un 25-2 irréel. « C’est un motif de vigilance supplémentaire. Contre Orléans, lors d’un temps-mort, les joueurs en ont parlé entre eux », confie le technicien. Ali Traoré renchérit : « Maintenant, dès qu’on sent qu’on commence à lâcher, on pense à Strasbourg et boum ! Ça repart. » Un mal pour un bien.

Vaccinée contre tout relâchement, l’ASVEL file droit vers la première place de la phase régulière. Pour reprendre le leadership, Orléans devrait remporter trois victoires de plus que Villeurbanne en l’espace de cinq journées. Hautement improbable. Pourtant, la prudence reste de mise. « Il faut qu’on gagne encore trois matches pour que la première place soit acquise », indique Ali Traoré. « Après, on pourra siroter le champagne en attendant les playoffs. »

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 16/04/2009, en page 10.

Photo : Hervé Bellenger / IS

Publié dans Basketball

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