Final Eight de l’EuroCup : Moscou veut sa revanche

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Le Final Eight de l’EuroCup débute aujourd’hui au Palasport de Turin. Eliminé en demi-finale l’année dernière, le Dynamo Moscou nourrit de grandes ambitions cette saison. Derrière le favori moscovite, sept équipes feront tout pour déjouer les plans de David Blatt. De l’intensité et du suspense en perspective.

 

Favori : le Dynamo

« Nous n’avons pas abordé le Final Eight dans les meilleures conditions. Il va falloir apprendre de nos erreurs », philosophait Travis Hansen, après l’élimination de son équipe en demi-finale de l’ULEB Cup 2008 face à Gérone. Animé par un esprit de revanche, le go-to-guy américain a de nouveau mené ses coéquipiers en « Finale à Huit » pour effacer l’échec. Cette saison plus que jamais, ils ont toutes les cartes en main pour s’emparer du trophée.

Dans sa quête du Saint Calice, l’armada de David Blatt dispose d’un atout précieux : l’expérience. Robertas Javtokas, Dmitri Domani et Sergei Bykov ont déjà remporté la coupe, Hansen et Bostjan Nachbar ont connu des Final Four d’Euroleague et Darjus Lavrinovic est un habitué du Top 16 de la compétition reine. Autre avantage : tout ce petit monde aborde la dernière ligne droite en pleine confiance. Emmenés par un Hansen étincelant, les Russes sont restés invaincus au Last 16 (6v-0d). Tous les voyants sont donc au vert à l’heure d’affronter Vrsac en ouverture du tournoi.

 

Prétendants : la Benetton, Valencia et le Khimki

Derrière les Moscovites du Dynamo, trois équipes sont en embuscade, bien décidées à jouer les trouble-fête. La Benetton Treviso est l’une d’elles. Dix ans après leur dernier sacre continental (Saporta 1999), les troupes du général Oktay Mahmuti sont en reconquête. Élu coach de l’année en EuroCup, le Turc s’appuie sur deux leaders métronomiques : Sandro Nicevic et Gary Neal. Par ailleurs, les Trévisans proposent l’un des jeux les plus réjouissants du plateau. Parmi les huit équipes en lice, les Italiens ont le meilleur collectif – 16,5 pds –, la troisième attaque – 80,9 pts –, et les meilleurs tireurs d’élite – 41,0 % à 3-pts. De quoi s’attirer les faveurs du public turinois.

Si les tifosis piémontais soutiendront sans doute leurs compatriotes, ils sauront aussi apprécier à sa juste valeur l’affiche des quarts de finale : Valencia-Khimki. Cette rencontre oppose deux équipes qui ont fait de la coupe européenne un objectif prioritaire dès le début de saison. L’effectif labélisé ACB du Pamesa est armé pour s’adjuger le trophée argenté. Neven Spahija partage équitablement le gâteau entre dix joueurs interchangeables. Un argument capital pour livrer sans flancher trois batailles en autant de jours. De surcroît, le retour du jeune prodige Victor Claver, blessé depuis début décembre, fournit un as supplémentaire dans le jeu du coach croate.

En face, l’effectif pléthorique du Khimki Région de Moscou n’a rien à envier à celui des Espagnols. Cet été, le nouveau riche a fait sensation sur le marché des transferts en attirant notamment les NBAers Carlos Delfino et Jorge Garbajosa. Sur le papier, aucun concurrent ne peut rivaliser avec les hommes de Sergio Scariolo. L’adversaire doit choisir entre la peste, Kelly McCarty, le choléra, Delfino, la grippe espagnole, Garbajosa, le typhus, Maciej Lampe, la fièvre grise, Milt Palacio, ou encore la gale, Milofey Mozgov. Seul bémol : le groupe tarde à atteindre son plein potentiel et pèche par irrégularité.

 

Outsiders : le Lietuvos rytas, Bilbao, Zadar et Vrsac

Les quatre dernières escouades présentes sur la ligne de départ n’ont pas la même abondance de biens que leurs rivaux nantis. Malgré cela, elles seront de sérieux poils-à-gratter. À commencer par le Lietuvos rytas. Vainqueurs en 2005 et finalistes en 2007, les Baltes sont des habitués de l’épreuve. Avec son effectif à forte coloration locale, Vilnius est resté intraitable à domicile (6v-0d) cette saison mais beaucoup plus fébrile à l’extérieur (1v-5d). L’apport du très complet Chuck Eidson, MVP de l’EuroCup, sera crucial pour trouver la clé du Palasport de Turin.

Le dernier bourreau de Lietuvos rytas on the road est Bilbao, novice sur la scène continentale. Le bizut n’a eu aucun problème d’adaptation. Il arbore même le meilleur bilan des deux premières phases (10v-2d) à égalité avec le Pamesa et le Dynamo. L’iurbentia met à profit sa grande profondeur de banc – onze joueurs à plus de 11 minutes de temps de jeu moyen. Les Basques flirtent toutefois avec la schizophrénie, capables de fesser Vitoria et de flancher contre Séville dans la même semaine. Quel visage afficheront- ils au Final Eight ?

On sera fixé dès demain contre les maîtres artificiers de Zadar – 83,5 pts. Les Croates ont entamé difficilement le Last 16, débutant par deux défaites. Pris en main par Zmago Sagadin en février, ils ont décroché in extremis la phase finale grâce à une série de trois victoires. Todor Gecevski est le principal artisan de cette renaissance. Le pivot macédonien est létal dans la peinture – 63,2% au Last 16 – souvent bien servi par le jeune meneur Rok Stipcevic.

Autre prospect plein de promesses : Milan Macvan. À dix-neuf ans, le pivot de Vrsac a obtenu l’Eurocup Rising Star Trophy récompensant le meilleur espoir de la compétition. L’intérieur est le leader à la marque, au rebond et à l’évaluation de son équipe. Celle-ci apportera une touche de fraîcheur au tournoi avec sa moyenne d’âge dépassant à peine les 22 printemps.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 02/04/2009, en page 21.

Publié dans Basketball

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