Mamoutou Diarra : «Revenir en France ? Pourquoi pas»

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Le séjour de Mamoutou Diarra en Grèce touche à sa fin. Lorsque vous lirez ces lignes, il sera peut-être de retour sur le sol français. Las des problèmes économiques du PAOK et pas payé en février, l’international ne s’entraîne plus depuis le 11 mars. Il n’attend qu’une lettre de sortie pour faire sa valise.

 

Tu as annoncé dans la presse grecque vouloir quitter Salonique. Quelle est ta situation actuelle ?

Je n’ai pas été payé le mois dernier. À la mi-février, j’ai fait un deal avec le président (ndlr : Dimitris) Drossos. Il m’a demandé d’attendre jusqu’au 10 mars pour me trouver un remplaçant. En échange, il m’a promis mon salaire du mois de février et ma lettre de sortie. Mais aujourd’hui, on est le 13 (ndlr : entretien réalisé vendredi) et je ne vois rien venir. Du coup, j’ai arrêté d’aller aux entraînements le 11 mars. Ce jour-là, on avait un match amical. J’ai fait acte de présence mais je n’ai pas joué. Depuis, je m’entraîne un peu de mon côté, histoire de rester en forme en attendant ma lettre de sortie. Dès que je l’ai, je m’envole pour Paris.

 

Le président du club, Dimitris Drossos, a quitté le navire. Est-ce un obstacle à ton départ ?

Oui. La situation est devenue très complexe. Il n’est plus le président mais l’est toujours un peu. On ne sait pas où il est, s’il est chez lui à Malte ou pas. Pour l’instant, on n’a pas de nouvelles concrètes de lui. C’est devenu Drossos « the ghost » (ndlr : le fantôme) ! En plus, depuis qu’il a démissionné, le club n’a plus de direction. D’autres personnes sont arrivées mais elles n’ont pas le pouvoir de me donner ma lettre de sortie. Comme mon agent connaît Drossos et l’administration intermédiaire, j’ai quand même l’espoir de l’obtenir lundi (ndlr : le 16 mars).

 

Malgré tous les problèmes que tu as traversés en Grèce, tires-tu du positif de cette expérience ?

Oui, j’ai passé un cap. En Grèce, le jeu est plus dur physiquement. Ça m’a beaucoup aidé parce qu’avant, j’avais tendance à me relâcher un peu. Et puis, psychologiquement, la question ne se pose même pas. Quand tu joues deux ans ici, c’est comme si tu étais resté cinq ans. La formation mentale à la grecque, je pense qu’elle est universelle. Après être passé ici, tu peux jouer n’importe où.

 

Ton expérience en Grèce n’aura pas été de tout repos. As-tu des regrets ?

Non, je n’en ai pas. Je suis croyant donc je me dis que c’était ma destinée d’atterrir ici les deux dernières saisons. Ce n’est pas un regret mais plutôt une expérience qui forge le mental. En Grèce, je leur ai dit que j’allais écrire un livre sur tout ce qui s’est passé ici. Mais je crois que ce sera plutôt une encyclopédie, parce qu’un simple livre, ce ne serait pas suffisant.

 

Maintenant que ton départ est pratiquement acquis, sais-tu où tu vas rebondir en cette fin de saison ?

Non, pas encore. En début d’année, j’ai eu des contacts à l’étranger et en France mais j’ai raté ces opportunités parce que le PAOK ne me laissait pas partir. Ces derniers temps, comme j’étais à fond sur ma lettre de sortie, je n’ai pas eu le temps de discuter avec mon agent. Dans les jours qui viennent, je vais faire le point avec lui pour prendre une décision. S’il y a une bonne offre en Pro A, pourquoi ne pas revenir en France. À bon entendeur…

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 19/03/2009, en page 17.

Photo : Hervé Bellenger / IS

Publié dans Basketball

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