Une fresque misérabiliste, un résultat misérable

Publié le par Jean-Philippe Chognot

En ce début de millénaire, il est de bon ton de se poser en chantre de l’écologie. Cette cause mène aux prix Nobel, aux distinctions variées et diverses et au cœur des « bons » citoyens du monde. Les satisfécits unanimes qui ont accompagné la diffusion du docu-fiction écologiste Les temps changent, mercredi 4 février sur France 2, le prouvent.

Le long-métrage anticipe l’état de notre planète en 2075 si la température moyenne augmente de 3 °C d’ici là. Le scénario s’articule autour de personnages aux destins bouleversés par le réchauffement climatique : Idri et Faouzi, les réfugiés climatiques ; Julia, la viticultrice sans vigne ; Niels, le Cassandre de la biologie ; et Grace, l’écologiste désenchantée. L’anticipation se base sur des prévisions du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), prix Nobel de la Paix 2007.

S’il est difficile de critiquer le fond du message, la forme est horripilante. La voix grave et condescendante du narrateur, les longs plans soporeux de paysages désolés… Le scénariste – Philippe Dussau – joue la carte de la culpabilisation du téléspectateur. Les dialogues misérabilistes et lyriques rappellent les soap-operas anglo-saxons des années 1980. Le contenu scientifique est malheureusement brouillé par des sensibleries répétées.

On a coutume de dire que le cœur et la raison ne font pas bon ménage. Les temps changent en est la fidèle illustration.

Jean-Philippe Chognot

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