Qui peut arrêter l'ASVEL ?

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Sept succès de rang en Pro A, série en cours. Qui dit mieux ? Cette saison, personne. En pleine confiance, les troupes villeurbannaises défient aujourd’hui l’Entente Orléanaise pour lui ravir sa place.

Samedi 6 décembre, Astroballe. Match a priori déséquilibré entre les locaux, deuxième du championnat, et les Vichyssois, équipe des profondeurs du classement. Pourtant, les rugueux Auvergnats tiennent le coup une mi-temps avant de laisser leur adversaire filer vers la victoire. Un septième succès d’affilée, record d’invincibilité de la saison. Villeurbanne a fait du chemin depuis la troisième journée. À l’époque, les Rhodaniens affichait un bilan négatif d’une victoire pour deux défaites. « Ce départ mitigé était surtout une question de calendrier », tempère Vincent Collet, l‘entraîneur. « Nos deux défaites ont eu lieu à Nancy – où il s’en est fallu de peu – et à Gravelines. »

Deux échecs que les Villeurbannais ont concédé sans Amara Sy, blessé. Tout sauf un hasard. Le retour de l’ailier n’est pas étranger à la belle série de son équipe. « Amara est l’élément qui nous manquait. Son retour a rendu le groupe plus serein », affirme le coach. « Il a permis à l’équipe de se bonifier. » J.D. Jackson, entraîneur du Mans vaincu à domicile par la green team, renchérit : « Il est le maillon décisif pour arrondir toutes les qualités de cette équipe. » Plus en confiance que jamais, l’ex-Manceau aligne les meilleures statistiques de sa carrière : 15,7 points, 5,8 rebonds, 2,2 passes pour 18,3 d’évaluation.

Le Franco-Malien compose avec ses coéquipiers Ali Traoré et Laurent Foirest un trident tricolore sans égal en Pro A. Ils sont ni plus ni moins que les top scorers et les meilleures évaluations de l’ASVEL. « La productivité des joueurs français de l’équipe, sans oublier Aymeric Jeanneau, est très importante dans les bons résultats de Villeurbanne », assure J.D. Jackson. « Si nos Français sont à ce niveau-là, c’est parce que nos américains – Ben Dewar et Eric Campbell notamment – acceptent d’être des joueurs de devoir », relativise Vincent Collet.

C’est cette parfaite répartition des tâches qui fait la force des Rhodaniens. L’entraîneur strasbourgeois, Fred Sarre, battu à domicile par les verts, en témoigne : « Tous les joueurs sont très impliqués parce que Vincent (Collet) les utilise dans leur registre. Personne ne joue contre-nature. » Même son de cloche du côté d’Amara Sy : « Tout le monde a un rôle bien défini. Chacun sait ce qu’il doit faire et personne ne se croit meilleur que l’autre. La star, c’est l’équipe. » Ce dicton peut paraître très banal. Pourtant, il sied parfaitement aux troupes de Vincent Collet.

 

Talon d’Achille : les pertes de balle

L’ASVEL est loin d’être l’équipe d’une seule individualité. Son principal atout réside dans un jeu collectif bien huilé. Les gones sont notamment l’équipe qui distille le plus de passes décisives en Pro A (21,4). Les huit joueurs majeurs de l’effectif servent au moins un caviar par match à leurs coéquipiers. « Ils ont une très bonne qualité de passe. Sans doute ce qui se fait de mieux sur le plan collectif. C’est la patte de Vincent Collet », estime Fred Sarre. Amara Sy, qui a déjà évolué sous ses ordres au Mans de 2002 à 2005, abonde dans le même sens : « Les équipes qu’il coache sont toujours les meilleures aux passes décisives. »

Le secteur qui profite le plus de cet altruisme est sans conteste la raquette. Peu d’équipes françaises peuvent se prévaloir d’un jeu intérieur aussi efficace. Souvent servis sur un plateau, Eric Campbell (69%), Chevon Troutman (57%) et Ali Traoré (65%) affichent des pourcentages au tir très élevés, apparaissant tout trois dans le top 8 de la catégorie. Les départs à l’intersaison des deux intérieurs titulaires de la cuvée 2007-2008, Uche Nsonwu et Lamayn Wilson, ont donc été parfaitement digérés.

Autre facteur déterminant de la série victorieuse des verts : l’adresse longue distance. « Comme on bombarde beaucoup à l’intérieur, les défenses adverses se resserrent plus sur notre raquette. Du coup, on a beaucoup de positions ouvertes », analyse Amara Sy avant d’ajouter : « Quand tu laisses un Foirest ou un Dewar shooter, ils ne restent pas toute la saison à 30%. » Étonnamment maladroites en début de saison – 26% à trois points sur les cinq premiers matches –, les gâchettes rhodaniennes se sont ressaisies de bien belle manière depuis – 47% sur les cinq dernières rencontres. « On avait déjà beaucoup de tirs ouverts en début de saison mais on les ratait », compare Vincent Collet.

Si elle a corrigé le tir au niveau de l’adresse, l’ASVEL ne parvient pas à se défaire de son péché mignon : les pertes de balle (17,1 par match, 1er en Pro A). « C’est le domaine où on a la plus grosse marge de progression. On en consent quelques unes par notre volonté de se faire des passes mais la plupart du temps, nos pertes de balles sont dues à de l’inattention », regrette le technicien. « On doit absolument remédier à ce problème. Sinon, ce sera un frein sur la scène européenne mais aussi en France. » Le leader orléanais, qui reçoit Villeurbanne en match avancé de la 11e journée de Pro A, saura-t-il tirer profit de ce talon d’Achille ? Réponse ce soir.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le BasketNews du 04/12/2008, en page 14.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

 

Publié dans Basketball

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