Ismaïla Sy : «Je dois peut-être m'exiler au Zaïre»

Publié le par Jean-Philippe Chognot

« Je suis arrivé à Nancy à 17 ans. Les deux premières années, tout allait bien avec Olivier Veyrat comme coach. Mais Hervé Dubuisson est arrivé et il a fait venir Régis Racine. On était trois au poste de meneur : Régis Racine, Eric Cérase et moi et ça s’est très mal passé. C’était la guerre par médias interposés. J’ai failli quitter Nancy en mauvais termes mais en fin de compte, je suis resté. La saison suivante, le coach m’a fait confiance et j’ai terminé meilleur marqueur français de Pro A (15,2 pts en 2000/2001, ndlr) à 21 ans.

Après, il y a eu un enchaînement de mauvaises nouvelles. Je devais faire une summer league à Orlando mais je n’y suis jamais allé à cause d’Oussama Ben Laden. Ensuite, je devais aller à Villeurbanne, ça ne s’est pas fait. Puis j’avais signé un contrat de trois ans à Paris. Le problème, c’est qu’eux, ils ne l’avaient pas signé. En septembre, le club m’a appelé pour me dire qu’Erik Lehmann avait décidé d’engager Eric Micoud à ma place. Finalement, j’ai signé à Reggio Calabria. Sur mes sept premiers matches en Italie, j’étais un des meilleurs marqueurs de la Lega (15,1 pts, ndlr). Mais à l’époque, les clubs avaient le droit à dix Américains. Reggio a commencé à en prendre plein. Du coup, je ne jouais plus et je suis parti à Gravelines.

L’année suivante, je devais re-signer mais Trieste m’a contacté et j’y suis allé. Avec le recul, j’aurais peut-être dû rester au BCM. La saison s’est bien passée mais le club a eu des problèmes financiers et je me suis retrouvé sans travail. J’ai attendu, j’ai attendu… Finalement je suis retourné à Nancy comme pigiste. Ça s’est bien passé au début avant de se dégrader à la Semaine des As. Je me suis blessé à la cheville à l’entraînement la veille de la compétition. Au premier match contre Pau, je n’ai pas joué. Avant le second match, le kiné a dit que j’étais rétabli alors que j’avais encore mal. J’ai décidé de ne pas jouer. Après la défaite contre Dijon, le coach Sylvain Lautié a dit en conférence de presse que je ne voulais pas jouer alors qu’en fait, je ne pouvais pas. Je l’ai très mal pris et je suis parti.

Après une saison en Allemagne, j’ai signé à Brest. Une catastrophe ! Le club a changé quinze mille fois de joueurs. On a eu un nouveau coach et il m’a moins fait jouer. Il y a eu plein de conflits avec les joueurs américains, avec l’entraîneur… Ça s’est très mal passé. Je me sentais mal à l’aise pour mon pote Jimmy Vérove qui m’avait fait venir. La saison suivante, je suis retourné à Reggio pour trouver un peu de stabilité. Mais le club a eu des problèmes financiers. Il n’a pas payé les joueurs pendant six mois et il a déposé le bilan. Rebelote, de nouveau sans club. C’était vraiment la poisse.

Depuis cet épisode, l’année dernière, j’ai fait deux piges à Hyères-Toulon et, en ce moment, je fais une pige d’un mois à Bourg. Pour la suite, j’ai vraiment envie de rejouer en Pro A. J’en suis capable mais j’ai l’impression qu’en France, il y a un problème avec moi. Pour jouer, je dois peut-être m’exiler au Zaïre. »

Propos recueillis par Jean-Philippe Chognot

 

 

Article publié dans le BasketNews du 27/11/2008, en page 12.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Publié dans Basketball

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