FFBB : Le ministère écarte JPDV

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Jean-Pierre de Vincenzi, directeur technique national depuis 1997, quittera prochainement ses fonctions sur décision du ministère de la Jeunesse et des Sports. Le cas du président Mainini a également été évoqué.

Dans Le Parisien du 30 octobre dernier, Bertrand-Régis Louvet a annoncé que « Jean-Pierre de Vincenzi, directeur technique national (DTN) du basket depuis 2000, va se voir déplacé », ajoutant que « le ministère de la Jeunesse et des Sports souhaite faire en sorte que les DTN ne restent pas au-delà de huit ans dans la même fédération. » Nous avons contacté vendredi le secrétariat d’État aux Sports. Vincent Parra, conseiller presse et communication au cabinet de Bernard Laporte, nous a confirmé cette information : « Le DTN du basket quittera ses fonctions car le ministère veut renouveler les instances dirigeantes en limitant les mandats. »

Selon la brève parue dans Le Parisien, Jean-Pierre de Vincenzi payerait en réalité les mauvais résultats de l’équipe de France senior, notamment les deux non-qualifications consécutives pour les Jeux olympiques d’Athènes (2004) puis de Pékin (2008). « Pas du tout », dément vivement Vincent Parra. La décision concernant JPDV dépasse en effet sa seule personne. Trois autres DTN sont également concernés et devraient donc faire leurs valises sous peu : Patrick Cluzaud (cyclisme), Philippe Bouedo (taekwondo) et Jean-Claude Jacquetin (gymnastique).

Jean-Pierre de Vincenzi, le principal intéressé, affirme pourtant ne pas avoir été prévenu de sa destitution. « Très honnêtement, je ne sais pas ce qu’il en est. J’ignore quelle est l’intention du ministère et d’où sort cette information. J’ai l’impression que l’on jette une bouteille à la mer pour voir comme ça réagit », confie le DTN. « Tout cela est extrêmement flou. J’attends que le ministère se manifeste car ça fait bientôt huit mois que je n’ai pas pu joindre le cabinet. » Premier concerné, dernier averti.

De son côté, Yvan Mainini, président de la Fédération française de basketball (FFBB), qui partage le pouvoir de désignation du DTN avec le ministère n’a pas beaucoup plus d’éléments à sa disposition : « Je n’ai aucune information officieuse ou officielle à ce sujet. Pour le moment, je n’ai été contacté par personne. » Très remonté, « Dieu », comme on le surnomme à la FFBB, lance : « Si notre ami Bernard Laporte veut se battre avec le mouvement sportif, il a raison, c’est une bonne solution. »

 

Les présidents aussi visés

Car le ministre n’entend pas en rester là. Les présidents de fédération seraient également visés par la volonté du secrétariat d’Etat de rajeunir les dirigeants sportifs. Le quotidien sportif L’Équipe a indiqué dans son édition du 31 octobre qu’« un décret du Conseil d’État dont la publication interviendrait d’ici la fin de l’année devrait (leur) interdire d’effectuer plus de deux mandats d’affilée. » Selon le journaliste Patrick Issert, Yvan Mainini ne serait pas concerné à court terme : « Certains présidents sont en place depuis le début des années 1990 (le basketteur Yvan Mainini par exemple) et devraient prochainement postuler pour un cinquième mandat. Pas question de le (lui) interdire, mais désormais, le compteur tournera. » Informations également confirmées officieusement samedi par une source très proche du dossier du côté politique.

Si Yvan Mainini, favori à sa propre succession lors des élections fédérales qui auront lieu le 13 décembre prochain, n’est pas le premier visé, ceux qui prendront sa suite ne pourront pas rester en place plus de huit ans. Cinglant, l’actuel patron du basketball français tacle : « On parle de limiter les mandats des présidents pour donner, soit disant, un coup de jeune. J’ai l’impression que dans l’entourage de l’État, on a peut-être aussi besoin d’un peu de nettoyage de temps en temps. » Ambiance, ambiance…

Si elles se concrétisent, les mesures pourraient avoir l’effet d’une bombe dans le paysage fédéral, d’un « tsunami », selon L’Équipe. Des règnes comme ceux de Francis Luyce (Fédération de natation), Jacques Rey (gymnastique) ou encore Yvan Mainini, terminant tous trois leur quatrième mandat, devraient désormais appartenir au passé. Voilà qui sonne peut-être le glas des monopoles et des mainmises.

Jean-Philippe Chognot

 

 

Article publié dans le BasketNews du 06/11/2008, en page 4.

Photo : Pascal Allée / Hot Sports

Publié dans Basketball

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