Benoit Hamon : «Replacer le PS au centre de la gauche»

Publié le par Jean-Philippe Chognot

La motion de Benoit Hamon, « Un monde d’avance », a séduit 19 % des militants socialistes jeudi dernier. Dans une semaine, il deviendra peut-être le nouveau Premier secrétaire du Parti socialiste (PS) lors du congrès de Reims (14-16 novembre). Pourtant, le grand public ne connaît pas son projet et sa vision de l’avenir de la gauche française.

Jeudi dernier, le vote des militants socialistes a promu Benoit Hamon quatrième homme du Parti socialiste. S’il négocie au mieux le jeu des alliances cette semaine, le député européen pourrait devenir Premier secrétaire du PS lors du congrès de Reims le weekend prochain. Si cela se réalisait, quel chemin prendrait le principal parti de la gauche française ? Voici quelques éléments de réponse.

« Je souhaite incarner la gauche décomplexée. » Tel est le leitmotiv de Benoit Hamon, le message qu’il tente de faire passer depuis un mois dans tous les médias. Dans la Dépêche du Midi du 28 octobre dernier, le député européen tente d’expliquer ce concept : « Cela veut dire que je n’ai pas l’intention de retenir mes coups à l’égard de la droite car la droite ne retient aucun de ses coups à l’égard des Français. »

En tant que représentant de l’aile gauche du Parti socialiste, Benoit Hamon veut « replacer le Parti socialiste au centre de la gauche. » De ce fait, d’aucuns le présentent comme une arme anti-Besancenot. Appellation qu’il rejette. « Qu'on ne me demande pas d'éteindre le feu Besancenot, ce qui m'intéresse, c'est d'éteindre le feu Sarkozy », assurait Benoit Hamon à l’AFP le 30 octobre.

Dans cette optique, il dispose de nombreux soutiens au sein du parti : Marie-Noëlle Lienemann, Henri Emmanuelli, Bruno Julliard et surtout Jean-Luc Mélenchon ont signé sa motion. Des appuis positionnés clairement à gauche de l’échiquier socialiste qui séduisent en ces temps de crise financière : « Il y a quelques semaines, on nous accusait d’archaïsme. Maintenant, beaucoup de ténors du partis reprennent nos analyses à leur compte. »

Pour décrocher le poste de Premier secrétaire du PS, Benoit Hamon devra toutefois faire alliance avec au moins une autre motion. Il devra donc collaborer avec Ségolène Royal, Bertrand Delanoë ou Martine Aubry. Dans son esprit, aucune porte n’est fermé même s’il pose ses conditions. « Il m'est impossible de dire quel sera notre partenaire privilégié mais toute position qui ne refuserait pas clairement l'alliance avec le MoDem est pour moi irrecevable », prévient-il dans La Dépêche du Midi. Le député européen n’a plus qu’une semaine pour faire son choix.

Jean-Philippe Chognot

Publié dans France

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article