Marigny-en-Orxois : le marché campagnard souffle ses 30 bougies

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Le 30 avril 1978 était inauguré le premier marché campagnard de Marigny-en-Orxois. Le 31 août 2008, il va célébrer son trentième anniversaire en grande pompe.

Le préfet Jacques Chartron, le conseiller général Pierre Lemret, le député André Rossi, le futur sénateur Paul Girod, le maire Roger Couillette… En ce dimanche 30 avril 1978, tout le gratin axonais s’était réuni dans le petit village de Marigny-en-Orxois. Elus et anonymes, ils étaient tous à la vieille halle pour l’inauguration du tout nouveau marché campagnard.

« Trente ans après, les hommes politiques passent encore au marché de Marigny lorsque les périodes électorales approchent », fait remarquer André Jarry, maire de la commune. Si le marché est toujours un point stratégique de campagne, cela prouve bien qu’il n’a pas perdu de son rayonnement.

C’est Marcel Huet qui, le premier, eut l’idée du marché. « À l’origine, je voulais créer une exposition hebdomadaire d’artisans d’art locaux sous la halle, se souvient le potier. L’objectif était de proposer une nouvelle animation dans le village. Dans ce cadre, je souhaitais y ajouter un marché campagnard tous les derniers dimanches de mois. »

Finalement, seul ce dernier projet survécut. « Les artisans ont vite cessé de venir car les expositions n’étaient pas rentables », explique l’initiateur du projet.

 

Plus que des professionnels

De son côté, le marché prend peu à peu de l’ampleur à la grande surprise de la municipalité de l’époque. Marcel Huet raconte : « Quand j’ai voulu en organiser un deuxième, le maire m’a dit texto : ‘Vous ne pensez tout de même pas organiser un marché dans un village comme Marigny. À l’inauguration, il y avait du monde parce que FR3 était là mais après…’ »

Face au succès grandissant du marché, le conseil municipal finit par l’officialiser par une délibération en juin 1978.

Le principe de départ du marché campagnard était de permettre à tous les cultivateurs et tous les commerçants du village de vendre leurs produits sous la halle. Au début, les particuliers étaient aussi autorisés à tenir leurs stands tant qu’ils ne faisaient pas de concurrence aux professionnels.

En 1989, Marcel Huet décide de se mettre en retrait. Depuis cette date, l’esprit de départ a quelque peu évolué. « Nous avons gardé le principe de non concurrence mais nous nous sommes aussi ouverts aux producteurs extérieurs », détaille André Jarry.

Par ailleurs, de nouvelles réglementations sanitaires ont poussé vers la sortie les particuliers. « Au début des années 2000, les vaccinations sont devenues obligatoires pour le bétail et de nouvelles normes de réfrigération sont apparues. Du coup, seuls les professionnels sont acceptés désormais », justifie Jocelyne Kretz, présidente du comité des fêtes de la commune.

Malgré les changements, le marché campagnard ne s’essouffle pas. Son rayonnement a même dépassé les frontières du sud de l’Aisne. « Nous sommes réputés jusqu’en région parisienne », assure André Jarry. Belle réussite pour un village de quatre cent soixante âmes.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 30/08/2008, en tête de page 6.

Publié dans Local

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