Un bélier pour irriguer les collines malgaches

Publié le par Jean-Philippe Chognot

Le bélier hydraulique est un système d’irrigation n’utilisant que des énergies renouvelables. Paul Lenaerts tente de développer le système pour l’implanter sur l’île de Madagascar.

Quel outil permet d’arroser entre un et trois quarts d’hectares de terrain sans se fatiguer ni dépenser la moindre énergie ? Aucune idée ? Cet objet miracle s’appelle le bélier hydraulique. Rien de révolutionnaire puisque sa conception par l’un des frères Montgolfier date de 1796.

Un peu plus de deux siècles ont passé et c’est maintenant Paul Lenaerts qui a pris le relais de l’inventeur ardéchois. Le Castel compte développer l’irrigation des hauts-plateaux de Madagascar grâce à ce fameux système.

« La seule contrainte pour pouvoir faire fonctionner le bélier est de disposer d’une source d’eau libre (ndlr, qui coule) », explique Paul Lenaerts. Le système fonctionne grâce à la très forte pression exercée par l’eau sur un clapet à l’entrée de l’engin.

Celui-ci s’ouvre puis se referme permettant à l’eau de se glisser dans un conduit de sortie. Le tuyau achemine enfin l’eau vers la surface à irriguer.

 

Baisser le coût de fabrication

« J’essaye de simplifier le système du bélier petit à petit pour le rendre le moins coûteux possible », explique le Castel, qui bricole dans sa propriété du golf du Val secret. En effet, un bélier hydraulique coûte actuellement entre 800 et 3 200 euros dans le commerce. Pour le rendre accessible aux communautés malgaches, le prix doit fortement baisser.

« Les béliers de ma fabrication atteignent tout au plus entre 250 et 300 euros pièce », assure l’ancien paysan.

Pour obtenir ce résultat, Paul Lenaerts a totalement repensé la forme du système : « J’ai déposé un brevet sur l’île de Madagascar sous le nom de “Bélier malgache”. Il présente plusieurs avantages : il est totalement démontable, il est fabriqué en ferraille soudée et il ne nécessite pas de pompe à air. »

Ce dernier détail signifie que le bélier peut fonctionner en étant entièrement immergé.

 

Un objectif de 2.000 béliers

Une fois le système parfaitement au point, Paul Lenaerts compte implanter ses béliers sur les hauts-plateaux malgaches.

Pour ce faire, il va sous-traiter leur fabrication à l’Organisation non gouvernementale (ONG) malgache Taratra, qui a mille puits à son actif.

« Les béliers hydrauliques seront vendus aux communautés et hameaux locaux qui devront les louer aux paysans. La plus-value agricole obtenue grâce au système sera redonnée à la communauté », assure le Castel.

Là-bas, ces béliers devraient constituer une véritable aubaine non seulement pour l’irrigation, mais aussi pour alimenter les lavoirs ou encore les abreuvoirs.

« Ce n’est encore qu’un projet mais mon objectif est d’en installer deux mille dans les collines malgaches », conclut Paul Lenaerts.

Jean-Philippe Chognot

 

Article publié dans le journal l'union, édition de Soissons, du 14/07/2008, en tête de page B.

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